A l’aube du lancement de cette manifestation, je soulignais ce qu’on pouvait ressentir au col du Rudemont, - un lieu ou souffle la liberté disais-je - , parodiant en cela Maurice Barrès, chantre de la colline de Sion et du souffle de l’esprit. Je ne croyais pas si bien dire et j’en ai été conforté par Michel Dinet qui dans son discours cita les ex-votos de la célèbre basilique, écrits à plusieurs décades d’intervalle (*). De là, à penser que ce lieu pourrait devenir lui aussi un lieu de pèlerinage grâce uniquement à la ferveur qui s’empare pendant quelques instants des participants, je ne le crois pas, mais il faut remarquer qu’a la différence de Sion, cet endroit fut de tous les combats.


C’est par ici que les armées prussiennes contournèrent l’armée de Bazaine en 1870. Après 1873, les messins venaient y respirer la France, apercevoir Mousson au loin et sa Jeanne d’Arc, de leur côté, les Allemands venaient loucher sur les belles vallées du Rupt-de-Mad et de Moselle qu’ils envahirent en 1914. Chassés, ils réinvestirent les lieux en 1940, et ces mêmes endroits furent foulés par les évadés et leurs passeurs. Enfin, en 1944, ce fut de ce promontoire que les Américains pilotèrent la traversée victorieuse de la Moselle. Il y a quand même des signes qui ne trompent pas!


Aussi, l’idée d’un mémorial, formant l’autre pointe d’un triangle entre le monument des passeurs de Novéant, la stèle des Américains en bord de Moselle à Arnaville, pourrait bien faire son chemin....


                                                                                                 JF Genet



(*) Le 10 septembre 1873, en présence d’une foule de 30 000 pèlerins, une croix de Lorraine brisée et une plaque en patois lorrain signifiant ‘Ce n’est pas pour toujours » sont apposées dans l’église. Le 24 juin 1920, Maurice Barrès est chargé de masquer la brisure cependant qu’est ajouté, toujours en patois lorrain, une inscription signifiant « Ce n’était pas pour toujours ». Le 8 septembre 1946, le général de Lattre de Tassigny, devant la foule de 80 000 personnes, dévoile une plaque mentionnant « Maintenant, c’est pour toujours ». Ces plaques sont toujours visibles, de même qu’une quatrième inaugurée en septembre 1973 pour sceller la réconciliation franco-allemande (source CDT 54)


 

«Le symbolisme des passeurs»

Partie 1

Partie 2